Après six mois jour pour jour (pur hasard) d'inactivité sur ce blog, voilà que le premier billet que je poste
est une râlerie. Ma foi, comme le disait le poète allemand Gottfried Benn "Wer redet ist nicht tot", celui qui parle n'est pas mort... :-)
Voilà maintenant plus d'un an que je suis à Montpellier et j'ai de plus en plus de mal à comprendre pourquoi on fait tout un plat de cette ville qui coûte la peau des fesses et qui n'a même pas
la mer. Car la mer, n'importe quelle carte vous le confirmera, se trouve à 15 km et n'est desservie que par deux routes totalement bouchées à la moindre hausse des températures. En l'absence de
transports dignes de ce nom depuis que les villes concernées sont sorties de la communauté d'agglomération, tout le monde prend sa voiture pour aller à la plage le dimanche, du coup circuler y
est un enfer et s'y garer quasiment impossible - et je ne parle évidemment pas de juillet-août.
De toute façon, les galères de la circulation sont une des caractéristiques majeures de Montpellier. J'ai déjà parlé des bus qui s'arrêtent à 20h30, il faut y ajouter le dédale de rues peu
pratiques et très insuffisantes en nombre, l'impossible combinaison des sens interdits qui font faire le tour de la ville quand on a eu le malheur de rater la bonne rue et les panneaux à ne
surtout pas suivre si on veut partir dans la bonne direction. C'est un peu comme vouloir trouver la gare de Charleroi-Sud avant d'avoir fait trois tour de ring (private joke).
Plusieurs personnes du cru me l'on confirmé : on entre dans Montpellier, mais on n'en sort pas. Et malheur à l'automobiliste qui se trouve pris au piège, comme un c** sur orbite il n'en finit pas
de tourner.
Le pire dans tout ça, c'est que Montpellier n'est même pas franchement belle. Bien sûr, il y a des exceptions : l'Ecusson (moins d'1 km²), joli centre historique remarquablement bien rénové,
quelques rues anciennes et même le quartier Antigone, au style très particulier mais qui présente au moins l'avantage d'en avoir un. Pour le reste, on laisse se délabrer de nombreux immeubles du
XIXème qui mériteraient beaucoup mieux et on construit à tour de bras des résidences sans aucun intérêt, vendues à prix d'or aux cadres sup' et retraités friqués du "Nord" qui viennent
s'installer au soleil.
"Ben c'est ça, t'as quand même le soleil" manque-t-on rarement de me rétorquer quand j'ose émettre une critique, comme si cela suffisait à balayer le reste - ça m'énerve d'ailleurs tellement
c'est ce qui m'a poussée à écrire ce billet. :-) Bien sûr, mais ce n'est pas le soleil qui fait baisser les loyers, il s'en faut, ce n'est pas lui qui améliore la fréquence des bus, fait circuler
les voitures, installe les commerces à côté des habitants et non dans la périphérie lointaine. La plupart des pays sous-développés ont beaucoup de soleil eux aussi, si ça suffisait à rendre les
gens riches et heureux ça se saurait. Alors bien sûr Montpellier la Surfaite cherche depuis 30 ans à faire croire le contraire à tout le monde, mais le soleil ne fait pas tout dans une vie et
d'autres villes du Midi l'ont à mon avis bien mieux compris qu'elle.
Pour clore le sujet (du moins jusqu'à ma prochaine râlerie :-D), une petite chanson bien sympa que j'ai découverte récemment et signée Ricoune, un groupe héraultais incontournable ici :
http://www.ricoune.com/multimedia/extraits/montpellier.WMA.
Une allusion à "Montpellier la surdouée", le fameux slogan des années 80. Aujourd'hui elle se proclame "la ville où le soleil ne se couche jamais". No comment. :-)
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